Avec AFP
Sandra Simard devait subir une intervention chirurgicale au dos en 2017 mais tout a basculé : accident cardiaque, réanimation. Depuis, elle cherche à savoir ce qui a pu se passer alors que Frédéric Péchier, alors anesthésiste, est jugé dès le 8 septembre aux assises à Besançon pour empoisonnements.
C’est l’un des plus longs procès criminels de l’histoire récente à Besançon : celui du docteur Frédéric Péchier, plus de trois mois d’audience aux assises du Doubs avec une centaine de parties civiles. Cet ancien anesthésiste comparaître dès le 8 septembre pour 30 cas d’empoisonnements dont 12 mortels, commis entre 2008 et 2017, à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Besançon. Depuis l’éclatement de cette affaire et durant les sept années d’instruction, l’homme nie tout en bloc et clame son innocence.
Parmi les dossiers étudiés, celui de cette patiente, dont l’opération a failli virer au drame. Sandra Simard a été victime d’un accident cardiaque pendant son opération du dos à la clinique Saint-Vincent en janvier 2017. Le jour de l’intervention, Frédéric Péchier a permis de la réanimer mais l’anesthésiste qui l’avait endormie a cherché à comprendre ce qui avait bien pu se passer… Le chef de de la réanimation au CHU a été consulté comme expert, des prélèvements ont été effectués dans des poches. C’est alors que l’Agence régionale de santé (ARS) est alertée puis c’est au tour du parquet. C’est ce cas, celui de Sandra Simard, qui a déclenché l’affaire Péchier et la mise en examen de l’anesthésiste.

« Un procès c’est déjà une épreuve mais la longueur est une deuxième épreuve »
Sandra Simard appréhende ce procès, sa longueur, sa lourdeur, sa complexité, mais elle a hâte d’entendre les explications de l’accusé. « C’est une épreuve, un procès c’est déjà une épreuve mais la longueur est une deuxième épreuve, en fait. On ne va pas y aller forcément tous les jours, enfin tout le monde ne va pas y aller tous les jours. Chacun va faire vraiment comme il a envie de le faire… Peut-être qu’il y a des gens qui vont qui vont venir seulement au départ et seulement à la fin, au moment où on va parler de leur dossier. Parce que ça va être aussi très technique. Il y a des journées où on ne va absolument rien comprendre à ce qui va être dit, ça va être très technique médicalement, ça va être éprouvant psychologiquement, c’est certain… Mais c’est vrai que la durée du procès nous fait peur. »
« On a envie d’entendre les arguments qu’il va nous donner »
Alors que l’ancien anesthésiste nie les cas pour lesquels il comparaît, Sandra Simard s’est aujourd’hui résignée. Elle se doute qu’elle n’aura ni aveux ni révélations. Elle attend en revanche d’éventuelles explications concrètes que pourrait fournir l’accusé dans son box pendant trois mois et demain devant la cour d’assises du Doubs. « Ce qu’on attend c’est que la lumière soit faite, que monsieur Péchier réponde à toutes les questions qui se posent. Et puis des aveux, on ne s’y attend plus parce que s’il y avait dû en avoir, je pense que ce serait déjà fait, au bout de huit ans… Évidemment, ce serait formidable d’avoir des aveux, mais ce n’est pas forcément ce qu’on attend aujourd’hui. C’est justement, au vu des charges quand même accablantes qui qui pèsent contre lui, on a envie d’entendre les arguments qu’il va nous donner et de quelle façon ces charges-là pourront être contrées. »
Au bout de huit ans d’enquête, le docteur Frédéric Péchier est soupçonné d’avoir empoisonné des patients en bonne santé afin de nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit et démontrer en même temps ses qualités de réanimateur. Il est accusé d’avoir pollué les poches de perfusion de patients âgés de 4 à 89 ans. Lui-même clame son innocence, et ses avocats au procès plaideront l’acquittement.
