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Une synthèse réalisée par Le courrier du cameroun

Officier supérieur des Forces armées malgaches âgé de 51 ans et désormais ex  commandant du CAPSAT (Corps d’Armée des personnels et des services administratifs et techniques), une unité d’élite de l’armée; il succèdera ce 17 octobre 2025 à Andry Anjoelina destitué mercredi par l’assemblée nationale.

Né en 1974 à Sevohipoty, Michaël Andrianini est un officier supérieur des Forces armées malgaches. En tant que commandant du CAPSAT (Corps d’Armée des personnels et des services administratifs et techniques), une unité d’élite de l’armée, il est devenu la figure centrale des manifestations d’octobre 2025 puis de la mutinerie à Madagascar. Le 14 octobre 2025, à la suite de la fuite du président Rajoelina et de sa destitution par l’Assemblée nationale, il a officiellement pris le pouvoir et dissout les institutions dont la Haute Cour constitutionnelle avant que celle ci n’ait pu valider sa destitution.

Formé à l’académie militaire d’Antsirabe (ACMIL), le  nouveau maître d’Antananarivo avait été condamné et brièvement détenu de novembre 2023 à février 2024, avant de reprendre son statut d’officier d’active après un passage au Centre hospitalier de Soavinandriana. Les détails concernant la nature des accusations, les circonstances de cette condamnation ou les raisons de sa réintégration n’ont pas été publiquement divulgués. Accusé d’ « incitation à la mutinerie militaire en vue d’un coup d’État », il avait été condamné à un an de prison avec sursis pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Selon plusieurs sources, il avait pendant un moment été incarcéré à la prison de Tsiafahy. Sa nomination à la tête du CAPSAT, unité prestigieuse et proche des cercles de pouvoir, a priori peu compatible avec de telles accusations, serait due à l’estime dont il n’a cessé de jouir au sein de l’appareil militaire et sécuritaire en général.

Rôle dans la crise politique de 2025

À partir du 25 septembre 2025, un mouvement de protestation mené par des jeunes, surnommé la « Génération Z », émerge à Antananarivo. Initialement motivées par les pannes chroniques d’électricité et les coupures d’eau, les manifestations s’élargissent rapidement pour dénoncer la corruption, le coût de la vie et la pauvreté généralisée, exigeant la démission du président Andry Rajoelina.

Le week-end du 11 et 12 octobre 2025 marque un tournant lorsque le colonel Randrianirina et les troupes du CAPSAT quittent leurs casernes pour rejoindre les manifestants. Le CAPSAT annonce publiquement son refus de tirer sur la foule, se positionnant en protecteur du peuple. Cette unité avait déjà joué un rôle décisif dans le coup d’État de 2009 qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir, ce qui renforce son image de « faiseur de rois » dans la politique malgache.

Après des échanges de tirs avec des forces loyalistes au cours desquels un soldat du CAPSAT aurait été tué, l’unité affirme prendre le contrôle de l’ensemble des forces armées et nomme le général Demosthène Pikulas comme nouveau chef d’état-major, une nomination validée par le ministre des Armées.

Dans des entretiens ultérieurs avec des médias internationaux, il rejette le terme de « coup d’État » et affirmant que « l’armée a simplement montré qu’elle existe encore et a répondu à l’appel du peuple malgache ». Il minimise également son rôle personnel, se décrivant comme un « simple officier exécutant » et précisant que le pouvoir est détenu par le commandement militaire supérieur.

Le président Andry Rajoelina quitte le pays dans la journée du 12 octobre, invoquant des craintes pour sa sécurité. Le 14 octobre, l’Assemblée nationale vote sa destitution.

Le même jour, le colonel Randrianirina apparaît au palais présidentiel d’Ambohitsorohitra et annonce officiellement la prise de pouvoir par l’armée. Il annonce la création d’un conseil de gouvernement militaire — dénommé Administration collégiale du chef de l’État pour la rénovation —, la suspension de la Constitution et de la Haute Cour constitutionnelle, ainsi que la dissolution du Sénat, tout en maintenant l’Assemblée nationale en fonction. La destitution de Rajoelina est cependant validée par la Haute Cour constitutionnelle, pourtant dissoute, qui invite Randrianirina à exercer les fonctions de chef de l’État, du fait de la vacance du poste de président du Sénat, et de l’impossibilité du gouvernement d’assurer l’intérim. Une nouvelle élection présidentielle doit cependant être organisée dans un délai de 30 à 60 jours. De son côté, Randrianirina annonce diriger le pays durant une période transitoire de deux ans, la nomination future d’un Premier ministre civil et l’adoption d’une nouvelle Constitution par un référendum.

Rappelons toutefois que l’Union Africaine a suspendu la grande île mercredi, en exigeant un retour à l’ordre constitutionnel.

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