0 5 minutes 14 minutes

Il est temps d’accepter la réalité : Paul Biya n’a pas bâti un héritage pour les Béti, encore moins pour le Cameroun. Il a bâti un système qui n’a servi qu’à prolonger son règne. Si nous voulons que nos enfants aient un avenir meilleur, il faut sortir de cette mentalité de dépendance et de privilège. Il faut apprendre à vivre sans le pouvoir, à travailler, à innover, à nous battre à la loyale comme tous les autres Camerounais.

Point de vue

Le problème avec nous, les Béti du Centre, du Sud et de l’Est c’est qu’on a longtemps cru que le Cameroun nous appartenait simplement parce que Paul Biya, un des nôtres, en était le président.

Pendant plus de quarante ans, cette idée a façonné nos mentalités, nos conversations et même nos comportements politiques. Nous avons vécu dans l’illusion que tant qu’il était là, notre place au soleil était garantie. Aujourd’hui, nous ressentons une peur nouvelle, presque viscérale : celle de voir le pouvoir nous échapper, de perdre les petits privilèges auxquels nous nous étions habitués.

Mais arrêtons-nous un instant et posons-nous la vraie question : qu’a réellement fait Paul Biya pour nous, les siens ? Qu’a-t-il apporté à nos régions ? Nos villages du Sud, du Centre ou de l’Est sont-ils devenus des modèles de développement ? Nos routes, nos hôpitaux, nos écoles, nos terres agricoles témoignent-ils d’une attention particulière du régime envers sa propre communauté ?

La vérité, c’est que non. À part le pain-sardine distribué pendant les campagnes électorales, nous n’avons rien reçu de tangible.

Nous avons confondu le pouvoir d’un homme avec le progrès d’un peuple.

Pendant que nous nous enorgueillissions d’avoir « notre patriarche » au sommet, d’autres construisaient, étudiaient, investissaient, et préparaient leur avenir.

Nous, pendant ce temps, nous nous contentions de défendre aveuglément un système qui, au fond, ne profitait qu’à une minorité : quelques ministres, quelques hauts fonctionnaires, quelques hommes d’affaires triés sur le volet. Le reste du peuple, lui, continuait de vivre dans la pauvreté, l’oubli et la résignation.

Et pour maintenir cette illusion, on nous a poussés à marginaliser les autres. On nous a fait croire que les Bamiléké, les Bassa, les Nordistes ou les anglophones étaient nos rivaux, nos ennemis naturels.

On nous a divisés pour mieux nous dominer. Et nous avons joué le jeu, sans comprendre que pendant qu’on se méfiait les uns des autres, le pays s’enfonçait dans la misère et la corruption.

Aujourd’hui, le réveil est brutal. Nous tremblons parce que nous voyons venir la fin d’une époque. Nous avons peur parce que nous savons que les petits avantages dont nous jouissions, les postes dans l’administration, les passe-droits dans les concours, les protections dans les sociétés d’État ou l’armée, sont sur le point de disparaître.

Nous redoutons un avenir où nous devrons, comme tout le monde, mériter notre place sans l’ombre d’un « Nnomgui » à Etoudi.

La faute est à nous-mêmes, qui avons oublié que le pouvoir n’est jamais éternel. Que la roue finit toujours par tourner. Et qu’un peuple qui fonde son destin sur un seul homme finit toujours par se perdre avec lui.

Il est temps d’accepter la réalité : Paul Biya n’a pas bâti un héritage pour les Béti, encore moins pour le Cameroun.

Il a bâti un système qui n’a servi qu’à prolonger son règne. Si nous voulons que nos enfants aient un avenir meilleur, il faut sortir de cette mentalité de dépendance et de privilège. Il faut apprendre à vivre sans le pouvoir, à travailler, à innover, à nous battre à la loyale comme tous les autres Camerounais.

En tout cas, lisons l’heure tranquillement cela nous apprendra que personne n’est né pour régner éternellement, et que le Cameroun appartient à tous ses enfants, pas à un clan.

De la part de One Love un vrai Beti (Eton- Manguissa) Toss, tass.

Le courrier du cameroun

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *