Avec Jean-Pierre Du Pont
Les services de renseignement, fidèles à leur habitude, recourent à des méthodes de « kompromat » dignes de l’ancienne Union soviétique : des scénarios grossiers, des pièges cousus de fil blanc. Croire que Djeukam Tchameni — brillant orateur, intellectuel rigoureux et débatteur redoutable — aurait caché chez lui des armes d’un autre siècle relève de la farce. Comme le dirait Bernard Tapie : « c’est de la bouillie pour chiens et chats. »
De quoi Anicet Ekane et Djeukam Tchameni sont-ils réellement coupables ?
Le climat de terreur qui règne aujourd’hui au Cameroun traduit une seule chose : la panique et la psychose du système Biya face à la bourrasque Tchiroma. Cette frénésie répressive est la démonstration éclatante qu’après plus de quatre décennies, le régime Biya reste l’héritier fidèle des méthodes coloniales — archaïques, brutales et obscurantistes — qu’il reproduit sans vergogne.
Paul Biya, qui a passé les vingt premières années de sa carrière dans les bureaux comme haut fonctionnaire, n’a jamais été un homme politique au sens noble du terme. Il doit tout au décret présidentiel : son ascension, son maintien au pouvoir et la longévité de son règne. Il n’a jamais mené de véritable campagne électorale, ni remporté la moindre élection libre et transparente. Sa marque de fabrique reste la fraude, le bourrage des urnes et la manipulation institutionnelle — un mode opératoire qu’il perpétue depuis l’époque de l’UNC, ancêtre du RDPC.
Mais le contexte a changé. Le Cameroun de 2025 n’est plus celui des années du parti unique, où Radio Cameroun et Cameroon Tribune faisaient office d’unique source d’information. Aujourd’hui, le pays compte avec une génération connectée, nourrie à Internet et TikTok, qui ne se laisse plus berner par la propagande d’État.
Biya peut bien multiplier les arrestations arbitraires, il ne pourra jamais museler la diaspora ni couper le flot d’informations qui circule librement via les VPN. Il peut fermer des frontières, mais pas les 1 690 km avec le Nigéria, ni les 1 094 km avec le Tchad, les 901 km avec la RCA, les 523 km avec le Congo, les 298 km avec le Gabon, les 183 km avec la Guinée équatoriale, sans oublier les 402 km de côte maritime sur l’océan Atlantique. Autant de portes ouvertes sur le monde et sur la liberté.
Ce qu’on reproche réellement à Anicet Ekane et Djeukam Tchameni, c’est d’avoir exercé leurs droits civiques et d’avoir contribué à la création de la plateforme de l’Union pour le Changement, catalyseur d’une dynamique populaire que plus rien ne saurait stopper.
Les services de renseignement, fidèles à leur habitude, recourent à des méthodes de « kompromat » dignes de l’ancienne Union soviétique : des scénarios grossiers, des pièges cousus de fil blanc. Croire que Djeukam Tchameni — brillant orateur, intellectuel rigoureux et débatteur redoutable — aurait caché chez lui des armes d’un autre siècle relève de la farce. Comme le dirait Bernard Tapie : « c’est de la bouillie pour chiens et chats. »
La vérité, la seule, est simple : Paul Biya a perdu les élections et refuse de partir. Son clan s’agite pour conserver le pouvoir malgré l’évidence des urnes. En multipliant les arrestations et les intimidations, le vieux régime espère épuiser la résistance populaire. Mais cette fois-ci, c’est la fois de trop.
Le peuple camerounais tiendra bon. Car nul ne peut gouverner un peuple contre sa volonté. Et comme le rappelle le principe fondamental de toute République :
le pouvoir s’exerce au nom du peuple, et la souveraineté n’appartient qu’à lui.
