Avec Mouctar HAMADOU
Chères compatriotes
Depuis le début de cette semaine, un fait s’impose avec une évidence désarmante : ceux qui osent encore se présenter comme « élus du peuple » ont choisi d’abandonner la nation. Au lieu de défendre l’intérêt général, ils se préparent à piétiner l’espoir de tout un peuple pour préserver leurs privilèges personnels. Ils trahissent le Cameroun, notre bien commun, sans la moindre hésitation.
Qu’ils entendent clairement ceci : accepter d’être candidat au poste de conseiller régional dans les conditions actuelles, participer à cette mascarade politique, c’est révéler au grand jour sa véritable allégeance. C’est valider un mensonge d’État au lieu de défendre une vérité que chacun connaît. Et cette vérité est limpide : le 12 octobre dernier, les urnes ont parlé, et elles ont désigné Issa Tchiroma Bakary comme vainqueur. Le peuple en a été témoin. Le monde entier l’a vu.
Pourtant, le régime, arc-bouté sur ses pratiques de confiscation, s’obstine à étouffer cette victoire populaire. Qu’ils se le rappellent : le Cameroun n’appartient à aucun clan, à aucun réseau, à aucune minorité qui se pense propriétaire du pays.
À vous, prétendus représentants du peuple, je le dis sans détour : assumez enfin les responsabilités que vous avez juré de porter. Votre serment n’a pas été prêté à un groupe d’individus, mais à la Nation tout entière. Le moment de vérité est arrivé : choisissez votre camp. Et sachez que l’Histoire, elle, ne pardonne pas la lâcheté.
Oui, j’affirme sans ambages : prendre part à cette opération de campagne pour l’élection des conseillers régionaux revient à légitimer un verdict contrefait, proclamé par un Conseil constitutionnel décrédibilisé, qui persiste à attribuer la victoire à Paul Biya alors que le peuple rejette massivement cette farce. En agissant ainsi, vous tournez délibérément le dos à la volonté populaire.
Cette fois-ci, le peuple camerounais ne passera pas l’éponge. Le monde ne fermera pas les yeux. Et l’Histoire ne fera preuve d’aucune indulgence.
Je vous remercie.

Ils sont jugés l’histoire, mais l’histoire elle même va leurs jugée