Avec Jeune Afrique
Anicet Ekane, président du Manidem, est décédé en détention tôt ce 1ᵉʳ décembre. L’opposant avait été interpellé le 24 octobre dans le contexte de la crise postélectorale.
L’annonce a été faite très tôt ce matin par son avocat, Emmanuel Simh : Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), est mort ce lundi 1ᵉʳ décembre. Les circonstances exactes restent inconnues, mais son avocat évoque un « décès survenu en situation de privation de liberté ». Anicet Ekane était incarcéré depuis plusieurs semaines, à la suite de son arrestation le 24 octobre, dans le climat explosif ayant suivi l’élection présidentielle du 12 octobre.
Figure majeure de la gauche nationaliste camerounaise, leader remarqué des années dites « de braise » au Cameroun dans la décennie 1990, patron du Manidem, il était détenu au secrétariat d’État à la Défense (SED). Les autorités lui reprochaient un soutien affiché à l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui s’est proclamé vainqueur du scrutin et président élu du Cameroun. Un positionnement politique vu comme une incitation au soulèvement populaire.
Des appareils médicaux confisqués
Le Manidem avait tiré la sonnette d’alarme ces dernières semaines, dénonçant la confiscation d’appareils médicaux essentiels à la survie de son président. Dans un communiqué daté du 21 novembre 2025, le parti affirmait que les dispositifs de soins d’Anicet Ekane, dont un extracteur d’oxygène, étaient restés dans son véhicule, placé sous séquestre dans les locaux du groupement de la gendarmerie de Douala, depuis la soirée du 24 octobre.
Le Manidem estimait cette situation « gravement dangereuse » pour la santé de son leader. Malgré les controverses, Anicet Ekane restait l’une des voix les plus constantes et les plus intransigeantes de la scène politique. Héritier des luttes indépendantistes, il s’était imposé comme une conscience critique, parfois radicale et souvent solitaire. Il était revenu sur le devant de la scène ces derniers mois en soutenant d’abord Maurice Kamto puis Issa Tchiroma Bakary lors de la présidentielle.
