Avec AFP
Le tribunal correctionnel de Lyon a reconnu coupable l’actuel maire de Saint-Étienne (Loire) Gaël Perdriau concernant l’affaire de chantage à la sextape. Cinq ans de prison, dont trois ferme, et une peine d’inéligibilité avec application immédiate avaient été requis contre lui. Sa peine est finalement supérieure à ces réquisitions. Il fait appel.
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Le maire de Saint-Étienne (Loire) Gaël Perdriau a été reconnu coupable et condamné à 4 ans de prison ferme et 5 ans d’inéligibilité par le tribunal correctionnel de Lyon ce lundi 1er décembre 2025 dans l’affaire de chantage à la sextape. Cette décision de justice intervient deux mois après le procès concernant cette affaire de piège tendu à un rival du maire, l’ex-premier adjoint Gilles Artigues, filmé à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.
Gaël Perdriau a annoncé faire appel. « Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible », a-t-il affirmé à la sortie du tribunal.
« Entièrement coupable »
« Le tribunal estime que vous êtes coupable de l’ensemble des faits », a annoncé la présidente du tribunal juste avant de le condamner à cinq ans de prison dont un avec sursis et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. L’ex Républicain a été reconnu « entièrement coupable » de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, par le tribunal correctionnel de Lyon. A l’annonce du jugement, Gaël Perdriau est resté impassible, et quelques applaudissements ont retenti dans la salle.
Le maire a été condamné avec mandat de dépôt à effet différé, assorti de l’exécution provisoire, ce qui signifie qu’il sera bientôt incarcéré et qu’il ne dormira pas en prison dès ce 1er décembre.
« Si la moindre culpabilité était retenue contre moi, je démissionnerai de mes mandats dès le délibéré et quand bien même je ferai appel », avait-il déclaré en septembre devant le tribunal.
Trois autres personnes, des anciens membres de l’entourage du maire, ont été reconnues coupables. Ils ont été condamnés à des peines légèrement inférieures.
Cinq ans de prison, dont trois ferme avaient été requis
Cinq ans de prison, dont trois ferme, et une peine d’inéligibilité avec application immédiate avaient été requis contre Gaël Perdriau. La peine prononcée, de quatre ans ferme, est donc plus sévère que les réquisitions. « C’est lui qui avait les mains sur la manette nucléaire », avait déclaré la procureure Audrey Quey, qualifiant le maire de « décideur », même si le complot a été mis en œuvre par d’anciens collaborateurs, qui sont, eux, passés aux aveux.
Ce dernier a clamé son innocence tout au long du procès. Gaël Perdriau « n’a jamais eu la vidéo et aucun écrit ne montre qu’il a donné son aval à cette odieuse opération », avait plaidé son avocat Me Jean-Félix Luciani, en demandant au tribunal de déclarer son client non coupable « au bénéfice du doute ».
Des témoignages à charge de ses co-prévenus et un enregistrement accablant
Le procès a notamment été marqué par des témoignages à charge de ses co-prévenus et un enregistrement accablant. Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans son directeur de cabinet, a assuré que dès son élection en 2014, le maire lui avait demandé de trouver « une solution pour tenir en respect Gilles Artigues » dont il doutait de la loyauté.
L’idée de piéger avec un escort-boy ce catholique opposé au mariage entre personnes de même sexe a germé lors d’échanges avec l’ambitieux adjoint à l’Éducation Samy Kéfi-Jérôme et le conjoint de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet, ont-ils tous les trois reconnu.
Pierre Gauttieri, Gilles Rossary-Lenglet et Samy Kéfi-Jérôme ont également été déclarés coupables.
Depuis que le scandale a éclaté avec une enquête de Mediapart en 2022, l’élu de 53 ans, exclu du parti Les Républicains (LR), a toujours nié avoir participé au chantage et a refusé de démissionner.

