William Bourdon est avocat au barreau de Paris, spécialisé en droit des affaires, en droit des médias et en droit pénal. Il est président et fondateur de l’association Sherpa, qui défend des populations victimes de crimes économiques.
Né le 14 août 1956 à Neuilly-sur-Seine, William Bourdon est un avocat français du barreau de Paris, à la tête du cabinet d’avocats Bourdon & Associés. De 1994 à 2000, William Bourdon est secrétaire général adjoint, puis secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme. En octobre 2001, il fonde l’association Sherpa, dont l’objet est de « défendre les victimes de crimes commis par des opérateurs économiques », et il en est actuellement le président. Sherpa est installée dans les locaux de France Libertés ; William Bourdon est membre du Conseil d’administration de France Libertés et a été l’avocat de Danielle Mitterrand pendant de nombreuses années. Il a été en outre l’avocat de Transparency International, de l’association Survie et de la Fédération des Congolais de la diaspora (FCD). Il est proche d’associations d’aide aux étrangers en situation irrégulière, notamment la Cimade, pour laquelle il est intervenu en qualité d’observateur en 1992.
Il s’est illustré dans des affaires pénales dans les années 1980 (défense de prostitués dans l’affaire Jobic, un commissaire de police accusé de proxénétisme avant d’être finalement relaxé), puis s’est spécialisé dans la défense des droits de l’homme (SOS Racisme, opposants chinois, génocide rwandais, Augusto Pinochet et aussi de contestataires, de partisans de la « lutte sociale», ou de militants de l’ultra gauche. Ainsi, en 2006, il défend le syndicaliste de SUD PTT Cyril Ferez blessé lors des manifestations contre la loi pour l’égalité des chances alors qu’il était en « état d’ébriété manifeste ». Il défend également Yldune Lévy, proche de Julien Coupat, dans l’affaire des sabotages des caténaires SNCF, deux détenus français de la prison de Guantánamo condamnés par la justice française[6], ou l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. En 2009, William Bourdon défend André Barthélemy, président d’« Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme », accusé de « provocation directe à la rébellion » et « entrave volontaire à la circulation d’un aéronef », pour s’être opposé aux conditions de reconduite à la frontière de deux ressortissants congolais et finalement condamné le 3 décembre 2010 par la cour d’appel de Paris à 400 euros d’amende.
William Bourdon est également l’initiateur en 2000, au nom de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), de la plainte et de l’inculpation au Sénégal pour tortures et crimes contre l’humanité visant Hissène Habré. En décembre 2008, après l’échec de plaintes lancées contre Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Sherpa et Transparency international déposent une plainte contre X sur « les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France » par ces chefs d’État africains.
En 2017, Bourdon est parmi les fondateurs de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique, une organisation non gouvernementale (ONG) qui vise à défendre les lanceurs d’alerte, ainsi qu’à faire du plaidoyer et engager des litiges stratégiques en leur nom lorsque leurs révélations traitent de l’intérêt général des citoyens Africains. Lancée en 2017 à Dakar lors d’une conférence de presse, PPLAAF a défendu de nombreux lanceurs d’alerte et a aidé à divulguer de nombreux scandales, dont Congo Hold-Up, State Capture et les Luanda Leak.
En 2005, il a défendu[10], Motassim Bilal « Hannibal » Kadhafi, le fils du colonel Mouammar Kadhafi, condamné le 23 mai 2005 par la 10e chambre du Tribunal correctionnel de Paris à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour violences conjugales[11].
Le 25 octobre 2007, il dépose une plainte avec constitution de partie civile pour diffamation à l’encontre de Jeune Afrique et son rédacteur en chef François Soudan, au nom et pour le compte de Moussa Koussa, chef des services de renseignement extérieurs libyens. La plainte sera retirée volontairement le 10 avril 2009.
Après l’arrêt de la chambre d’accusation de Paris du 20 octobre 2000 autorisant à instruire la plainte des victimes de l’attentat du DC10 d’UTA contre le Colonel Kadhafi, considérant que « l’immunité, à l’origine absolue, des chefs d’État, comporte, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des limites », William Bourdon déclare au quotidien Libération[13] que cet arrêt risque de créer une « confusion », car seuls trois crimes à « valeur universelle » ont justifié la levée de l’immunité présidentielle : le génocide, le crime contre l’humanité et le crime de guerre : « Le terrorisme est un crime très relatif. Si l’on raisonne ainsi, Yasser Arafat pourrait être poursuivi », a observé Me Bourdon, qui a souligné que le terrorisme et le trafic de stupéfiants ont été sciemment écartés des textes lors de la création de la Cour pénale internationale. En accord avec le point de vue exprimé par William Bourdon, le parquet général a demandé à la Cour de cassation de se prononcer pour la première fois sur la question controversée de l’immunité des chefs d’État. Ce qui n’a pas d’effet suspensif sur l’instruction en cours.
En juin 2018, il est l’avocat de Oleg et Alexeï Navalny qui déposent une plainte en France à l’encontre de la société Yves Rocher pour « dénonciation calomnieuse » considérant que la plainte déposée pour surfacturation contre leur société Glavpodpiska par Yves Rocher Vostok en 2012 était en fait une attaque du gouvernement russe à leur encontre. Ils sont entendus par un juge d’instruction du tribunal de Vannes le 30 avril 2019[1
Depuis 2019, des élus locaux et l’association Mémoires & Partages, dirigée par l’écrivain et militant Karfa Diallo, demandent le changement de nom du quartier de La Négresse à Biarritz. Plusieurs procédures judiciaires sont en cours autour de cette affaire. Deux concernent l’interpellation de Karfa Diallo lors de la manifestation organisée devant la gare de Biarritz le 22 août 2019, avec d’un côté une plainte auprès de l’IGPN pour violences policières, et de l’autre le procès de Karfa Diallo pour rébellion. Une troisième procédure est également lancée auprès du tribunal administratif par l’association Mémoire & Partages pour faire annuler les délibérations, jugées illégales, ayant attribué le nom « La Négresse » à un quartier et une rue de la commune.
Me William Bourdon a accepté de l’assister dans sa défense, au côté de Me Colette Capdevielle, ancienne élue socialiste et avocate au barreau de Bayonne[15].
Pour Me William Bourdon, qui défend aussi la famille de Cédric Chouviat, ce livreur décédé à la suite d’une interpellation musclée le 3 janvier 2020, il y a « une dérive » qui consisterait à la scénarisation du délit de rébellion quand « un contrôle dérape »[16]. Les avocats de Karfa Diallo plaident la relaxe et demandent la nullité du contrôle d’identité[17].
Le 14 janvier 2021, ils obtiennent gain de cause puisque le tribunal correctionnel de Bayonne prononce la relaxe pour Karfa Diallo, tandis que les deux policiers qui s’étaient constitués partie civile sont déboutés de leurs demandes[18].
De son côté Karfa Diallo s’estime victime de violences par une personne dépositaire de l’autorité publique. Il affirme avoir été brutalement plaqué au sol et menotté[19] lors de son interpellation pendant la manifestation en gare de Biarritz. Karfa Diallo a déposé une plainte le 8 septembre 2019 auprès de l’IGPN mais celle-ci n’a pas encore été instruite[20].
