Un seul grand Ministère de l’Éducation nationale suffit. La qualité ne se multiplie pas par le nombre de ministres.
Top 1 des petits conseils que j’aimerais passer, avec respect, au Chef de l’État… au sujet du prochain remaniement ![]()
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À la veille d’un remaniement ministériel très attendu, dans un contexte de morosité économique persistante, une évidence s’impose :
le Cameroun ne peut plus se permettre un gouvernement pléthorique.
Quelques comparaisons suffisent à éclairer le débat :
La France, puissance économique majeure, gouverne avec 14 ministères et environ 34 membres au total.
La Chine, continent-État de plus d’un milliard d’habitants, fonctionne avec 26 ministères et commissions.
Les États-Unis, première puissance mondiale, ont 15 départements ministériels.
Et le Cameroun ?
Un État aux ressources limitées, mais à l’architecture gouvernementale lourde, éclatée, coûteuse, souvent redondante.
Je salue d’ailleurs le Chef de l’État pour avoir récemment retiré le Cameroun de certaines organisations internationales coûteuses, aux objectifs devenus flous ou dépassés.
Ce geste de sobriété budgétaire mérite d’être prolongé à l’intérieur même de l’appareil gouvernemental.
Voici donc, avec respect mais lucidité, les 10 services ministériels que je conseillerais de supprimer ou de fusionner pour réduire efficacement le train de vie de l’État ![]()
Le Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle — L’illusion institutionnelle
Un ministère censé :
lutter contre le chômage,
former pour l’emploi,
insérer les jeunes.
Résultat concret ?
le chômage progresse,
la formation reste déconnectée du marché,
l’auto-emploi survit sans accompagnement réel.
Ce ministère produit des rapports, pas des emplois.
Ses missions peuvent être intégrées à l’Économie ou à l’Éducation, avec plus d’impact.
Le Ministère des Affaires Foncières
Jamais les conflits fonciers n’ont été aussi nombreux :
titres multiples,
spoliations,
lenteurs administratives,
corruption endémique.
L’existence du ministère n’a pas sécurisé le foncier.
Elle a surtout complexifié la chaîne décisionnelle.
Une intégration à la Justice ou à l’Administration territoriale serait plus cohérente.
Les Ministères de l’Éducation de Base et des Enseignements Secondaires — Le grand doublon
Deux ministères.
Un même système éducatif.
Des résultats médiocres.
Fragmentation :
programmes mal articulés,
responsabilités diluées,
aucune vision éducative globale.
Un seul grand Ministère de l’Éducation nationale suffit.
La qualité ne se multiplie pas par le nombre de ministres.
Le Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice — Le poste politique sans valeur ajoutée
Traditionnellement confié à des figures politiques “à caser” :
hier Maurice Ramto,
aujourd’hui Jean de Dieu Momo.
Aucun impact structurel sur :
la lenteur judiciaire,
l’accès à la justice,
la réforme du système.
La Justice a besoin de réformes, pas de postes symboliques.
Le Ministère de la Jeunesse
Le ministère de la frustration permanente
Jamais la jeunesse n’a été aussi désœuvrée.
Jamais l’exode n’a été aussi massif.
La jeunesse n’a pas besoin d’un ministère symbolique,
elle a besoin d’emplois, de crédits, de formations utiles.
Le Ministère de la Ville
Une coquille administrative vide
Villes anarchiques.
Insalubrité chronique.
Urbanisation sauvage.
Ce ministère n’a jamais transformé une ville camerounaise.
Il peut être absorbé par l’Urbanisme ou l’Administration territoriale.
Le Ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat
Beaucoup de plans, peu de logements
Crise du logement.
Bidonvilles.
Permis chaotiques.
Fusion possible avec la Ville ou les Travaux publics,
pour une politique urbaine intégrée.
Le Ministère des Marchés Publics
La bureaucratie érigée en ministère
Lenteurs.
Opacité.
Surfacturations.
Les marchés peuvent être rattachés aux Finances,
avec un contrôle numérique et des audits indépendants.
Les Secrétaires d’État à répétition — Le mille-feuille administratif
Secrétaires d’État à :
ceci,
cela,
presque tout.
Résultat :
chevauchements,
lenteurs,
conflits de compétences,
explosion des coûts.
Un ministre responsable suffit.
Le reste relève du confort politique, pas de l’efficacité publique.
Les Ministres sans portefeuille et chargés de missions à la Présidence — Le luxe inutile
Pas de département.
Pas de responsabilité mesurable.
Mais :
salaires,
véhicules,
cabinets,
avantages.
C’est l’administration du vide fonctionnel.
Un État en difficulté ne peut plus se permettre des postes sans impact mesurable.
En Conclusion :
Dans un pays aux ressources limitées,
le courage politique commence par l’exemplarité du sommet.
Parfois, le meilleur service qu’un ministère puisse rendre à la nation…
c’est de disparaître.
La réduction du train de vie de l’État ne peut pas s’arrêter aux discours.
Elle doit se voir dans la structure même du gouvernement.
Supprimer, fusionner, rationaliser :
ce n’est pas affaiblir l’État,
c’est le rendre crédible.
La jeunesse camerounaise ne demande pas :
plus de ministres,
plus de titres,
plus de cérémonies.
Elle demande :
plus d’écoles fonctionnelles,
plus d’emplois réels,
plus de justice,
plus de résultats.
