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Avec Jeune Afrique

Passé la présidentielle qui l’avait vu se rallier au Manidem d’Anicet Ekane, Maurice Kamto a repris la présidence du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) au cours d’une convention extraordinaire tenue en visioconférence ce 21 décembre.

L’évènement n’avait pas été publiquement annoncé. Et pour cause, il s’agissait de la deuxième tentative du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de tenir cette convention extraordinaire, après l’interdiction par les autorités administratives de la première, prévue le 29 novembre, pour « menaces de troubles à l’ordre publique ». Les organisateurs ont finalement rassemblé un peu plus de 1 700 délégués issus des 17 fédérations régionales.

Au cours de leurs travaux, deux points essentiels ont été soumis à l’appréciation des participants : un amendement des statuts du parti ainsi que l’élection d’un nouveau bureau. Sans surprise, Maurice Kamto, qui dirigeait la seule liste en lice, a été réélu avec 95,44 % des suffrages, marquant son retour à la tête de la formation. L’opposant devrait ainsi mettre fin au long silence qu’il s’était imposé depuis le 20 octobre et qu’il n’avait rompu qu’avec le décès de son ex-allié Anicet Ekane.

Le MRC appelé à devenir « une forteresse de la Renaissance »

Le retour de Kamto intervient dans un contexte marqué par la préparation des législatives et municipales prévues au mois de mai. Le leader du MRC pourrait ainsi reprendre le leadership de l’opposition laissé vacant par l’opposant Issa Tchiroma Bakary, challenger de Paul Biya à la dernière présidentielle, et depuis en exil en Gambie. Dans son discours d’ouverture, le président par intérim Mamadou Mota s’est satisfait de la « constance, la régularité et le sérieux » avec lequel le parti a poursuivi ses activités durant cette période de transition.

Il est également revenu sur les turbulences qu’a traversées son organisation, notamment la controverse autour du retour de Maurice Kamto. Quelques semaines après l’annonce de la convention du parti en effet, une aile dissidente menée par Okala Ebode, membre fondateur du MRC, s’est dressée contre un retour au premier plan de l’ancien enseignant de droit. Les contestataires mettaient en avant les statuts du parti qui exigent un minimum de trois années de militantisme sans interruption pour tout candidat à un poste électif.

En face, les soutiens de Maurice Kamto ont estimé que sa démission le 17 juillet dernier et son ralliement au Manidem étaient des mesures d’exception qui ne visaient qu’à contourner un éventuel blocage des autorités électorales. Maurice Kamto ne s’était jamais exprimé sur cette opposition naissante. Mais la machine du parti, elle, n’a pas attendu pour se mettre en branle. Accusé de « haute trahison » par le trésorier national du MRC Alain Fogué, Okala Ebode a été traduit devant le comité national de médiation et d’arbitrage, qui a demandé l’exclusion de ce dernier.

Mamadou Mota a bien tenté une médiation de la dernière chance mais celle-ci n’a pas abouti et l’exclusion a été entérinée. « Je n’ai pas voulu d’exclusion au cours de mon intérim, a affirmé Mota. Mais l’annulation de la Convention par l’un de nos ex-camarades était une ligne rouge que je ne pouvais laisser passer ». Avec son nouveau bureau, le MRC entend relancer sa machine électorale, « transformer chaque militant en gardien de la démocratie », « renforcer la sécurité de ses responsables », et « réorganiser son maillage territorial ». « Notre ancrage doit être inébranlable. Nous devons transformer chaque cellule de base en une forteresse de la Renaissance », a conclu Mamadou Mota.

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