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Avec MOUCTAR HAMADOU

Quarante-cinq jours après la prétendue investiture de Paul Biya, le Cameroun reste sans gouvernement.

Ce fait, à lui seul, constitue un aveu politique retentissant. Il révèle non seulement une crise grave de gouvernance, mais surtout l’effondrement d’une autorité qui se réclame pourtant d’une victoire électorale contestée et contestable.

Dans tout État sérieux, un président réellement élu, conscient de sa légitimité populaire, agit sans délai. Il rassure, il tranche, il gouverne. Or, ce que nous observons aujourd’hui, c’est l’exact opposé : une paralysie inquiétante, une absence totale de vision, et un pouvoir exécutif manifestement incapable de produire le premier acte fondamental de son existence : la formation d’un gouvernement.

Ce vide institutionnel prolongé confirme, point par point, les mises en garde d’Issa Tchiroma Bakary, lorsqu’il déclarait que Paul Biya ne gouverne plus, que le pouvoir réel a été confisqué par des clans, des réseaux opaques et concurrents, dont les luttes intestines priment désormais sur l’intérêt général. Le Cameroun n’est plus dirigé par une autorité issue du peuple, mais pris en otage par une oligarchie sans mandat.

La question centrale demeure, simple et implacable :

Comment un homme qui prétend avoir gagné l’élection présidentielle peut-il être incapable, plus d’un mois après, de former un simple gouvernement ?

La réponse est tout aussi claire : parce qu’il n’a pas gagné cette élection.

L’élection présidentielle du 12 octobre dernier a été remportée par Issa Tchiroma Bakary. Cette vérité est portée par les faits, par la dynamique populaire observée sur le terrain, par l’adhésion massive des citoyens lassés de l’immobilisme, par la mobilisation historique des jeunes, des femmes et des laissés-pour-compte du système. Elle est également confirmée par la fébrilité du régime après la proclamation de résultats imposés, incohérents et rejetés par une large frange de la population.

Depuis lors, les signes de l’illégitimité s’accumulent :

incapacité à gouverner,

absence de décisions structurantes,

désorganisation manifeste de l’appareil d’État,

silence du sommet,

et pouvoir réel fragmenté entre clans rivaux.

Un pouvoir usurpé ne peut ni durer ni gouverner. Il se replie, il hésite, il bloque le pays. Nous y sommes. Le Cameroun vit aujourd’hui les conséquences directes d’une forfaiture électorale et d’une confiscation de la souveraineté populaire.

Issa Tchiroma Bakary n’avait pas seulement raison : l’histoire immédiate lui donne raison. Le pays traverse une rupture profonde, non pas provoquée par l’opposition, mais par un régime qui a refusé la vérité des urnes. Le 12 octobre n’a pas consacré la continuité ; il a révélé la fin d’un cycle.

Face à cette situation grave, le peuple camerounais ne peut plus rester spectateur.

Nous appelons les citoyens, les forces vives de la nation, la jeunesse consciente, les femmes engagées, les travailleurs et les intellectuels à se mobiliser pacifiquement, fermement et résolument pour exiger :

le respect de la vérité électorale,

la reconnaissance de la victoire d’Issa Tchiroma Bakary,

la restauration de la légitimité démocratique,

et la fin de la confiscation du pouvoir par des clans.

L’histoire ne pardonne ni le silence ni la résignation.

Le Cameroun mérite mieux que l’immobilisme.

Le Cameroun mérite la vérité.

Le Cameroun mérite un pouvoir issu des urnes.

La victoire du 12 octobre appartient au peuple.

Elle appartient à Issa Tchiroma Bakary.

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