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Arrêté dans la ville de Douala par des individus non identifiés sans mandat, Monsieur Anicet Georges EKANE a été emmené dans un véhicule et conduit dans les locaux de la SCRI à Yaoundé. Il n’a été informé des raisons de son arrestation que le 29 octobre 2025, lors de son audience, à savoir l’incitation à la révolte, la révolte, l’hostilité contre la patrie et les appels à l’insurrection.

DÉCLARATION SUR LA MORT TRAGIQUE DE M. ANICET EKANE EN GENDARMERIE

La Commission des droits de l’homme de l’Association des avocats du Cameroun (ci-après dénommée la Commission) a appris avec tristesse le décès de M. Anicet Georges EKANE, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), survenu le 1er décembre, 2025, alors qu’il était en garde à vue au Service central des enquêtes judiciaires(SCRJ) à Yaoundé. La Commission présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. La Commission condamne fermement les circonstances entourant cette mort tragique.M. Anicet Georges EKANE, une figure de premier plan de l’opposition camerounaise, a été arrêté le24 octobre 2025, dans le contexte de la crise post-électorale. Sa mort en garde à vue soulève de graves inquiétudes quant au respect des droits fondamentaux des détenus en général, et des détenus politiques en particulier, au Cameroun.

Les éléments suivants mettent en évidence la probabilité de graves violations des droits de l’homme dans ce cas :

1. Arrestation et détention illégales : Arrêté dans la ville de Douala par des individus non identifiés sans mandat, Monsieur Anicet Georges EKANE a été emmené dans un véhicule et conduit dans les locaux de la SCRI à Yaoundé. Il n’a été informé des raisons de son arrestation que le 29 octobre 2025, lors de son audience, à savoir l’incitation à la révolte, la révolte, l’hostilité contre la patrie et les appels à l’insurrection. Sans aucun dossier préalable établissant les faits pour lesquels il était poursuivi et lui permettant de se défendre, M. Anicet Georges EKANE est resté en garde à vue, comme indiqué dans le communiqué du MINDEF susmentionné, jusqu’à sa mort le 1% décembre 2025, après 38 jours de détention illégale !

Ces arrestations illégales et la garde à vue constituent une violation inacceptable de ses droits à un procès équitable, à la liberté et à la sécurité et à la dignité humaine, tels qu’ils sont consacrés dans les instruments juridiques internationaux et nationaux qui exigent une base juridique pour l’arrestation et la détention et interdisent la garde à vue abusive.

La Commission souhaite renvoyer le gouvernement camerounais aux dispositions du préambule de la Constitution camerounaise, article 9 de la Décluration Universelle des Droits de l’Homme, article 9 du Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques ratifié par le Cameroun le 27 juin 1984, article 6 de la Churter Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, ratifiée par le Cameroun le 29 décembre 1987, et les articles 119 et 121 du Code de Procédure Pénale camerounais. Conformément aux dispositions de l’article 119 du code pénal

Procédure : « (a) La durée de la garde à vue ne peut dépasser quarante-huit (48) heures, renouvelable une fois. h) Avec l’autorisation écrite du procureur, ce délai peut, dans des cas exceptionnels, renouveler (wice. « 2. Violation du droit à la santé : ses avocats, sa famille et les membres de son parti politique ont exprimé des inquiétudes croissantes concernant l’état de santé de M. Anicel Georges EKANE. Il était gravement malade, comme l’a reconnu l’officier de communication du ministère de la défense (MINDEF) dans un communiqué du 1er décembre, et l’extracteur d’oxygène dont il dépendait, qui aurait été confisqué lors de son arrestation, ne lui a été rendu que le 27 novembre 2025. Les autorités auraient également refusé de le transférer dans un hôpital, malgré la détérioration de sa santé.

En outre, la Commission s’étonne que le MINDEF, dans son communiqué de presse susmentionné, reconnaisse que M. Anicet Georges EKANE « … souffrait de troubles médicaux graves, mais n’a pas jugé approprié ou nécessaire de mettre en œuvre les garanties de représentation prévues par la loi, ce qui aurait permis non seulement aux autorités judiciaires de s’assurer que le suspect se conforme à ses obligations légales, mais aussi au suspect de recevoir traitement médical.

Cette privation des soins médicaux essentiels constitue une violation inacceptable de ses droits à la santé et à la dignité humaine, garantis par les instruments juridiques internationaux et nationaux qui prévoient que les détenus sont traités avec humanité et, en cas de maladie, reçoivent des soins adéquats, y compris, si nécessaire, un traitement spécialisé.

A cet effet, la Commission souhaite renvoyer le gouvernement camerounais aux dispositions du préambule de la Constitution camerounaise, article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par le Cameroun le 27 juin 1984, articles 24, 25 et 27 des Nutions Unies Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela), Principes 1 et 9 des Principes Busic pour le traitement des détenus, Principes 24 de l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement, Article 16 de la Charte africaine sur les droits de l’homme et des peuples ratifié par le Cameroun le 29 décembre 1987 et l’article 121 du Code de procédure pénale.

3. Accès restreint aux avocats : Bien que ses avocats aient enfin pu voir M. Georges Anicet EKANE, ils ont d’abord rencontré des difficultés pour accéder à leur client, ce qui a entravé la préparation de sa défense et le contrôle de son état médical, suscitant des doutes sur la régularité de la procédure.

Cette restriction de l’accès de M. Anicet Georges EKANE à ses avocats constitue une grave violation de ses droits d’accès à la justice et à un procès équitable, garantis par les instruments juridiques internationaux et nationaux.

La Commission souhaite renvoyer le gouvernement camerounais aux dispositions du préambule de la Constitution camerounaise, article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par le Cameroun le 27 juin 1984, article 61 de la norme des Nations Unies règles minimales pour le traitement des détenus (Netson Mandela Kules), article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, rarifiée par le Cameroun les 29 décembre 1987, Article 121 du code de procédure pénale du Cameroun.

Le décès de M. Anicet Georges EKANE en garde à vue, dans des circonstances aussi floues et après avoir été refusé de recevoir des soins médicaux vitaux, est une tache sombre sur le Cameroun et soulève de nouvelles inquiétudes quant au traitement des détenus et du suspect en garde à vue en général et des détenus politiques en particulier.

La Commission exhorte les autorités camerounaises à :

Je mène une enquête indépendante, rapide et transparente sur les causes exactes de M.

La mort d’Anicet Georges EKANE et les conditions de sa garde à vue ;

2. traduire en justice tous ceux qui sont impliqués dans les violations de ses droits; et

3. Garantir le respect des droits fondamentaux de tous les détenus et suspects en garde à vue, y compris les détenus politiques, conformément aux droits de l’homme internationaux et nationaux.

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