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APA – COTONOU (BÉNIN)13 décembre 2025 | 20:06

Le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a justifié vendredi à Abuja, lors d’une conférence de presse conjointe, le recours au soutien du Nigéria et de la Cédéao après la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre, invoquant des raisons humanitaires, sécuritaires et de prévention régionale.

En marge de la 95e session du Conseil des ministres de la Cédéao, le chef de la diplomatie béninoise a indiqué que les forces armées nationales avaient réussi à contenir et repousser les mutins, avant que les autorités béninoises ne sollicitent un appui extérieur. Selon lui, la décision du président Patrice Talon visait principalement à éviter des pertes humaines importantes et des dégâts matériels, les assaillants s’étant retranchés dans un camp sensible.

Olushegun Adjadi Bakari a précisé que l’intervention nigériane s’était faite à la demande expresse de Cotonou et dans le cadre du mandat de la Cédéao, estimant que cet épisode démontre l’utilité de l’organisation sous-régionale dans la défense de l’ordre constitutionnel et des valeurs démocratiques.

De son côté, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar Maitama, a salué le leadership des présidents Patrice Talon et Bola Ahmed Tinubu, mettant en avant l’importance d’une coordination efficace entre les services de renseignement, de sécurité et les canaux diplomatiques. Selon lui, cette répartition des rôles a permis une réponse appropriée à la situation.

Cette prise de parole intervient alors que le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Houngbedji, a indiqué mercredi que les autorités n’excluaient aucune hypothèse concernant d’éventuelles complicités ou instigations extérieures, tout en précisant qu’aucune accusation officielle n’était formulée à ce stade.

M. Houngbedji a reconnu l’existence de soutiens en matière de désinformation observés sur les réseaux sociaux, affirmant que leur origine était connue des autorités. Il a ajouté que les enquêtes en cours détermineront s’il y a eu des complicités ou des commanditaires extérieurs.

Le gouvernement béninois a par ailleurs indiqué que la coopération sous-régionale et internationale serait mobilisée si des suspects venaient à être localisés dans des pays voisins, afin d’obtenir leur remise aux autorités béninoises pour qu’ils répondent de leurs actes.

Les autorités ont également minimisé l’ampleur de la tentative, évoquant l’implication d’un groupuscule estimé entre 100 et 200 soldats sur plusieurs milliers que compte l’armée. Deux hauts gradés pris en otage ont été libérés, tandis qu’un policier ayant relayé des messages sur les réseaux sociaux a été interpellé.

Le gouvernement béninois a enfin assuré qu’il tirerait « tous les enseignements » de ces événements, qui ont profondément marqué l’opinion publique, réaffirmant son engagement en faveur de la stabilité institutionnelle et de la coopération régionale.

AC/Sf/APA

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