Avec Le courrier du cameroun
Dans un communiqué musclé publié ce 02 janvier 2026, le Syndicat National des Promoteurs des Bureaux d’Achats des Diamants, Or et Orpailleurs du Cameroun (SYNAPROBADIOCAM) réagit aux révélations fracassantes sur la traçabilité de l’or. Le syndicat pointe du doigt des failles administratives et une exploitation illégale à grande échelle.
L’onde de choc provoquée par le rapport ITIE 2023 continue de faire trembler le secteur minier camerounais. Le constat est sans appel : alors que les douanes camerounaises n’ont enregistré que 22,3 kg d’or déclarés, les Émirats Arabes Unis en ont réceptionné 15,2 tonnes en provenance du Cameroun. Face à cet « écart abyssal », le SYNAPROBADIOCAM sort de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie d’une véritable « blessure à l’économie nationale ».
Le « mutisme » administratif pointé du doigt
Pour le syndicat, cette fuite massive de capitaux n’est pas le fruit du hasard. Il dénonce vigoureusement le gel de la délivrance des autorisations pour les bureaux d’achat. En l’absence de comptoirs agréés sur le terrain, l’or camerounais se retrouve « abandonné à la contrebande ».
Le SYNAPROBADIOCAM va plus loin en critiquant le mutisme de la SONAMINES, qui paralyserait les acteurs de bonne foi au profit de circuits opaques.
L’exploitation industrielle déguisée : le grand scandale
L’un des points les plus saillants du communiqué concerne la fraude au sein même des permis de recherche. Le syndicat révèle que plusieurs sociétés utilisent des technologies lourdes pour produire de l’or de manière industrielle alors qu’elles ne détiennent que de simples titres de prospection.
Ces exploitants, incapables de déclarer légalement leur production, alimenteraient directement les flux migratoires clandestins vers les pays voisins comme la RCA, le Tchad et le Nigeria. Cette concurrence déloyale est aujourd’hui identifiée comme la source principale du gap de traçabilité décrié par les autorités.
Un appel à des réformes urgentes
Face à cette situation critique, le SYNAPROBADIOCAM ne se contente pas de dénoncer ; il propose des solutions concrètes au Gouvernement :
Professionnalisation : Réouverture immédiate de l’octroi des agréments pour les bureaux d’achat.
Assainissement : Annulation systématique des permis de recherche détournés à des fins d’exploitation industrielle.
Compétitivité fiscale : Simplification et allègement de la fiscalité pour concurrencer les hubs régionaux plus attractifs.
Partenariat : Une collaboration étroite entre l’État et les professionnels pour garantir que l’or remonte effectivement dans les caisses du Trésor Public via la SONAMINES.
Le président national du syndicat réaffirme en conclusion sa volonté d’accompagner l’État dans l’assainissement du secteur. L’objectif est clair : faire en sorte que l’or du Cameroun profite enfin, et de manière transparente, aux Camerounais.
