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Avec Jean-Pierre Du Pont

Motazé est né trois ans avant le retour de sa tante au Cameroun, en 1962, aux côtés de son mari Paul Biya, qu’elle avait épousé l’année précédente en métropole, comme on disait alors. Les jeunes mariés rentraient de France, où ils avaient poursuivi leurs études : Jeanne-Irène s’était formée comme sage-femme à Nantes, en Loire-Atlantique, tandis que « Popaul » avait étudié le droit, la politique et l’administration.

Mais avant le retour au bercail, Jeanne-Irène, véritable phare au sein de sa famille, tint à marquer le coup auprès de l’homme dont elle entendait « arracher » une lettre de recommandation destinée au président Ahidjo, en faveur de son champion. Louis-Paul Aujoulat, qui, après le complot de Mbida et de Soppo Priso visant à l’évincer du perchoir, s’était replié en métropole, conservait encore un droit de regard certain. Il faut dire que c’est au sein de son parti politique, le BDC (Bloc démocratique camerounais), que le président Ahidjo, tout comme le Premier ministre André-Marie Mbida, avait fait ses premiers pas en politique. Autant dire qu’il ne pouvait guère refuser quoi que ce soit.

Jeanne-Irène, parfaitement informée de cet état de fait, avait pris les devants. Elle fit ainsi apposer au patrimoine nominal de son neveu Motazé, né quelque temps auparavant, le prénom composé Louis-Paul, en clin d’œil appuyé et soigneusement calculé à l’autre.

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