Point de vue : l’Afrique n’aiment pas ceux qui s’éternisent au pouvoir

11 avril 2026
2 min de lecture
Point de vue : l’Afrique n’aiment pas ceux qui s’éternisent au pouvoirle courrier du cameroun

Avec Vincent- Sosthène FOUDA, Universitaire et essayiste

Dans nos sociétés, le pouvoir n’est jamais seulement une fonction. Il est un lieu, un souffle, une charge qui traverse les vivants et les morts. Celui qui s’y installe trop longtemps finit toujours par rompre l’équilibre fragile entre la force et la légitimité.

Car en Afrique, le pouvoir n’appartient pas à l’individu : il appartient au cercle des ancêtres, aux vivants rassemblés, et aux enfants qui ne sont pas encore nés. Celui qui s’y accroche comme à un bien privé se coupe de ces trois mondes. Il devient un homme seul, entouré mais déserté. Et lorsque vient la mort — cette grande vérité que nul protocole ne peut maquiller — le masque tombe. Je vous invite à regarder autour de vous. Les peuples savent reconnaître ceux qui ont servi et ceux qui se sont servis. Les funérailles deviennent alors un verdict silencieux : certains corps sont portés comme des héritages, d’autres comme des fardeaux.

Très peu de dirigeants Africains sont accompagnés comme le fut Julius Nyerere ou Félix Houphoët Bougny. Dans nos cosmologies, mourir n’est pas disparaître. C’est rejoindre la cour des ancêtres, mais encore faut‑il en être digne. Celui qui a confondu pouvoir et possession, durée et grandeur, finit souvent par quitter ce monde dans une solitude que même les tambours n’osent accompagner.

Le pouvoir, lorsqu’il se prolonge au‑delà du raisonnable, cesse d’être une fonction. Il devient une ombre. Et cette ombre finit par avaler celui qui croyait la dominer. La vraie dignité, en Afrique comme ailleurs, n’est pas dans la durée.

Elle est dans la trace. Dans ce que l’on laisse au peuple, dans ce que l’on transmet aux vivants, dans ce que les ancêtres peuvent accueillir sans détourner le regard.

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