Point de vue : Le partenariat entre World Coca Cola et vous, ne nous apporte rien…

10 juillet 2026
3 min de lecture
Point de vue : Le partenariat entre World Coca Cola et vous, ne nous apporte rien…le courrier du cameroun

Par correspondance particulière

SAMUEL ETO’O ET SON PARTENARIAT AVEC WORLD COCA-COLA LE FIL À COUPER LE BEURRE : CHRONIQUE D’UNE ANNONCE DÉJÀ BUE

Depuis la journée, un ramdam médiatique d’une ampleur biblique. Tambours, trompettes, confettis numériques : Samuel ETO’O a signé avec World Coca-Cola !

Soit. S’il faut s’en féliciter, à défaut de mieux, force est de constater que nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre. Les Lions Indomptables arborent déjà Coca-Cola depuis belle lurette : sur les maillots d’entraînement, sur les panneaux, sur les gourdes.

Le partenariat n’est pas né ce matin. Il a simplement changé de costume et pris un nom plus clinquant. Il faut le reconnaître à juste titre. C’est ce que les stratèges du domaine appellent poliment une opération de diversion.

Quand les chiffres sont têtus et que les résultats se font désirer, on sert au peuple un nouveau logo à mâcher. C’est plus doux que la défaite et cela fait moins mal que les dettes. On nous vend donc du neuf avec du vieux. Comme Infantino qui va prendre le thé chez Trump à l’approche d’une élection, on se pare d’une marque américaine pour faire « international ». Un but hors-jeu, mais applaudi par la galerie.

Pendant ce temps, au village…

Le peuple qui paie son ticket, qui s’égosille dans les stades de terre battue, qui attend les bus promis par l’équipe-menteur, ALL ONE SPORTS pour ne pas le nommer, lui, a une liste. Courte, mais lourde :

1. Une CAN. N’importe laquelle.

2. Des comptes qui respirent.

Des dettes qui meurent.

3. Un championnat où le meilleur gagne, et où l’arbitre est payé avant la mi-temps.

4. Des subventions qui arrivent à temps, et non en retard d’un mandat.

5. Une Direction Technique Nationale qui travaille là où on l’attend.

6. La fin de la guerre des « hiboux » et des « églisiens ». La paix, tout simplement.

Et que nous sert-on en retour ?

Le roman personnel. Le palmarès en boucle. « Je suis ambassadeur. » « J’ai 3 C1. » « 4 Ballons d’Or. » « Milla, c’est qui ? » « La FECAFOOT, c’est mon épicerie familiale. » « J’ai les longs bras. » C’est, tout simplement, la nouvelle trouvaille :  » *le jejeïsme « *( l’expression est de moi-même ). En littérature, on appelle cela le monologue du héros

En gestion, on appelle cela confondre l’institution et le moi.

Enfin, et en fin

Monsieur le Président, Vos trophées sont dans votre musée. Le nôtre, à nous, est encore vide, menacé par les toiles d’araignée qui narguent déjà notre glorieuse histoire. Elle commence à dater, un peu trop, pour le vert-rouge-jaune.

Le management de l’UEFA ne se boit pas comme un soda. Il se prouve sur un terrain, dans un budget, dans un stade plein. Alors oui, félicitons-nous pour World Coca-Cola. Mais ne confondons pas le pétillant de la boisson avec le pétillant des victoires.

Le peuple n’a pas soif de partenariats à votre gloire. Il a soif de trophées, lui qui, visiblement, n’a pas droit à la métamorphose de son championnat en modèle Bundesliga. Mais au moins.

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