Dans une tribune libre au vitriol publiée ces dernières minutes, l’universitaire et essayiste demande au gouvernement de prendre ses responsabilités.
Baloum n’est pas un fait divers. Baloum est un crime collectif. Baloum est un aveu national. Baloum est un test moral, et nous sommes en train de le rater. Un jeune homme brûlé vif, ficelé comme un animal, jeté dans des pneus, livré aux flammes sous les cris d’une foule qui regarde, qui filme, qui approuve.
Un chef traditionnel qui ordonne l’exécution. Un mandat d’arrêt qui dort. Un criminel « introuvable » dans son propre village. Et un pays qui passe à autre chose. Voilà la vérité nue. Nous ne pouvons plus accepter l’inacceptable Ce qui s’est passé à Baloum n’est pas seulement une barbarie. C’est une capitulation morale. Saint Augustin nous avait prévenus : « Privée de justice, une société n’est qu’une bande de brigands. »
À Baloum, la justice a été remplacée par la meute.
La loi par la braise. L’humanité par la foule. Et nous, citoyens, que faisons-nous ? Nous commentons. Nous compatissons. Nous nous indignons… puis nous passons à autre chose.Cette passivité est une faute. Elle est une complicité. Desmond Tutu l’a dit sans détour :« Être neutre face à l’injustice, c’est choisir le camp de l’oppresseur. L’État doit cesser de se cacher
Un chef meurtrier « introuvable » ?
Qui peut croire à cette fable ?Quand un citoyen ordinaire manque une convocation, on le retrouve. Quand un chef brûle un homme vif, on ne le retrouve pas.C’est cela, l’impunité. C’est cela, la faillite. C’est cela, la honte. Le Pape Léon XIII nous rappelle que :« Là où la justice est violée, l’autorité perd son fondement. » À Baloum, l’autorité s’est effondrée. Et avec elle, la confiance.
Nous appelons à la mobilisation citoyenne Nous appelons chaque citoyen, chaque intellectuel, chaque croyant, chaque parent, chaque jeune, chaque responsable public à dire NON. Non à la justice de la foule. Non à la barbarie ritualisée. Non à l’impunité des puissants. Non à la banalisation de la cruauté. Nous appelons à :Exiger l’arrestation immédiate du chef impliqué Demander une enquête indépendante sur les complicités locales Organiser une mobilisation citoyenne nationale contre les exécutions sommaires Interpeller publiquement les autorités administratives et judiciaires Car si nous ne faisons rien, alors nous acceptons. Et si nous acceptons, alors nous sommes coupables. Baloum est un avertissement.
Ne le laissons pas devenir un précédent. Aujourd’hui, c’est un jeune homme accusé de vol. Demain, ce sera qui ? Un opposant ? Un voisin ? Un enfant ? Vous ? Moi ? La barbarie ne s’arrête jamais d’elle-même. Elle avance, elle gagne, elle s’installe — si personne ne lui dit non. Baloum nous regarde. Baloum nous juge. Baloum nous appelle.Répondons.


